On choisit la couleur du revêtement, le modèle des fenêtres, la teinte de la porte d’entrée. Les gouttières arrivent souvent en fin de liste, comme un détail technique qu’on règle au dernier moment. C’est dommage, car elles dessinent la ligne du toit sur toute la longueur de la façade et elles déterminent en grande partie ce que deviendra l’eau de pluie autour de la maison, du parterre de vivaces jusqu’au sous-sol.
Avant de signer une soumission, voici les questions qui méritent d’être posées, surtout sous un climat comme celui du Québec.
Sections ou sans joints : la vraie différence
Les gouttières vendues en quincaillerie se posent en sections de trois mètres environ, reliées par des raccords scellés. Chaque raccord est un point faible : le scellant vieillit, les cycles de gel et de dégel le fatiguent et, au bout de quelques années, l’eau finit par passer.
Les gouttières sans joints, elles, sont formées sur place à partir d’une bobine d’aluminium, à la longueur exacte de chaque façade. Il ne reste des jonctions qu’aux coins et aux descentes. C’est la solution qui s’est imposée dans la plupart des quartiers résidentiels du Grand Montréal, notamment parce qu’elle vieillit mieux face à la glace.
Pour comparer des soumissions sur une base concrète, il est utile de voir comment un spécialiste comme Gouttières Grand-Montréal décrit les étapes d’une installation : prise de mesures, fabrication sur le chantier, fixation, pente et emplacement des descentes. Ce sont exactement les points sur lesquels les offres diffèrent le plus.
Le bon format pour votre toit
Deux largeurs dominent le marché résidentiel : 5 et 6 pouces. La première convient à la plupart des bungalows et des toits de pente modérée. La seconde se justifie pour les grandes surfaces de toiture, les toits à forte pente qui envoient l’eau très vite, ou les maisons entourées de grands arbres. Une gouttière trop petite déborde à chaque orage d’été, et c’est souvent le parterre juste en dessous qui en fait les frais.
Le nombre de descentes compte autant que la largeur. Sur une façade longue, une seule descente à l’extrémité oblige l’eau à parcourir toute la gouttière. En ajouter une au milieu réduit les débordements et la charge de glace en hiver.
Penser jardin en même temps que toiture
La descente pluviale est l’endroit où la maison et le jardin se rencontrent. Bien placée, elle peut alimenter un baril récupérateur d’eau de pluie, très pratique pour arroser les plates-bandes en juillet. Mal placée, elle creuse une rigole dans la pelouse ou noie les plantes qui n’aiment pas avoir les pieds dans l’eau.
Quelques bons réflexes à discuter avec l’installateur :
- éloigner la sortie des descentes d’au moins un mètre et demi de la fondation ;
- éviter de diriger l’eau vers une entrée, un trottoir ou un escalier qui gèlera en hiver ;
- prévoir un coude orientable ou une rallonge amovible près des zones de plantation ;
- vérifier le règlement municipal si vous souhaitez débrancher une descente raccordée au drain.
La couleur, un choix plus visible qu’on ne le croit
L’aluminium prépeint se décline dans une large palette. Une gouttière assortie au fascia disparaît dans la ligne du toit. Une gouttière assortie au revêtement allonge visuellement la façade. Un contraste marqué, noir sur un revêtement clair par exemple, souligne l’architecture d’une maison moderne. Demandez un échantillon et regardez-le à la lumière du jour, contre le revêtement réel : les teintes changent beaucoup entre le catalogue et la façade.
Les questions à poser avant de signer
Une bonne soumission doit préciser le calibre de l’aluminium, le type et l’espacement des crochets, le nombre et l’emplacement des descentes, ce qui est prévu pour l’ancienne gouttière et la garantie offerte sur les matériaux comme sur la main-d’oeuvre. Si l’un de ces éléments manque, n’hésitez pas à le demander par écrit.
Enfin, profitez des travaux pour faire vérifier l’état du fascia. Poser une gouttière neuve sur une planche de bois abîmée revient à construire sur du sable. Quelques heures de plus au moment de l’installation évitent de tout recommencer dans trois ans.
Le bon moment pour faire les travaux
La plupart des installateurs travaillent d’avril à décembre, et leur calendrier se remplit vite dès septembre, quand les propriétaires réalisent que l’hiver approche. Prévoir le remplacement au printemps ou au début de l’été laisse le temps de comparer plusieurs soumissions sans pression. C’est aussi la saison idéale pour réaménager les plates-bandes au pied des descentes, une fois l’emplacement définitif connu, et pour installer un baril récupérateur avant les chaleurs de juillet.
Bien choisie, une gouttière se fait oublier pendant des décennies. Elle protège la fondation, le revêtement et le jardin, sans qu’on ait à y penser à chaque orage.